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auteurauthor · L’avenir du conseilThe future of consulting · 30 sept. 202630 Sep 2026

J’ai créé une app géniale. Dommage qu’elle ne vaille rien.I Built a Brilliant App. Too Bad It's Worthless.

La SaaSpocalypse à hauteur d’homme.The SaaSpocalypse, up close and personal.

lireread· 6 min

J’adore le surf en Méditerranée

Il y a une dizaine d’années, après plus de 20 ans dans le Conseil en Stratégie, j’en étais arrivé à la conclusion que le Conseil c’était vraiment trop fatigant. À l’inverse, le SaaS B2B, la vente en ligne de logiciels par abonnement à des entreprises pour équiper de façon ultra efficace des process bien identifiés, ça me paraissait être un bon plan.

Bon. Première déconvenue, c’était beaucoup plus difficile que je ne le pensais. On CROIT avoir identifié un besoin, un « pain point », on CROIT avoir désigné une solution élégante et performante pour le traiter. Au début, on CROIT que l’efficacité suffira à emporter le morceau. Et puis, après, on CROIT qu’en mettant des fonctionnalités pointues d’IA (pointues de 2019...), on va faire rêver le client. Enfin, en regardant les autres, on CROIT qu’en bourrinant bien, à coup de lead génération industrialisée, de parcours découverte, de boucles de feedback et de marketing automation, on va pouvoir se créer un petit matelas récurrent un peu sticky.
Quel naïf.

Seconde déconvenue, quand vous faites du SaaS basé en France, vous essayez de faire du surf en Méditerranée. Possible... mais exigeant.
Et ça farte BEAUCOUP plus chez vos petits concurrents US, qui par ailleurs sont bien meilleurs vendeurs que vous.

Comme je comprends vite mais qu’il faut m’expliquer longtemps, j’ai mis près de 10 ans à revenir vers ce métier ô combien plus reposant du Conseil. Focus exclusif : la transformation des organisations par l’IA.

Trois jours à tuer

Mais pour rester pertinent en IA, il ne suffit pas de poster sur LinkedIn. Non, il faut fabriquer des choses, tester les limites, expérimenter.

C’est comme ça que je me suis retrouvé à fabriquer une app.
Je voulais tester la nouvelle famille de modèles (en l’occurrence Jev), je me suis demandé sur quoi je pourrais bien tester ça...
Tiens, mon dernier produit SaaS, Simple Decisions, fermé fin 2025, était une console d’analyse sémantique de verbatims.
Je pourrais le refaire, mais assez rapidement, je me dis que, tant qu’à coder un truc, essayons de construire un truc plus large, l’outil qui traite complètement le « pain point », celui qui exécute le parcours idéal, sur lequel j’avais fini de converger, et qui se formulerait ainsi :

Tu as les résultats d’un questionnaire. Peu importe sur quoi (NPS, enquête socio, écoute collaborateurs, retour formation...), peu importe auprès de qui (clients, prospects, participants...).
Tu dois analyser les résultats. Vite. Sans prise de tête. Questions ouvertes. Questions fermées, on s’en fout.
Évidemment mille fois mieux que le rapport Typeform. Mais aussi et surtout avec plus de contrôle et de granularité qu’en utilisant bien le meilleur Claude.

Eh bien j’ai le plaisir de vous annoncer que j’ai construit, en 3 jours (allez, 5), une application Web absolument dingue. Dont les performances en termes de simplicité, de vitesse, de pertinence n’ont, à ma connaissance, pas d’équivalent sur le marché, dans le monde. Je suis très sérieux.
Et je connais assez bien ce marché pour y avoir travaillé pendant 9 ans.

Et le plus fou, de très loin, dans cette histoire, c’est qu’après mûre réflexion, j’en suis arrivé à la conclusion que cette application SaaS ne valait absolument rien. Nada. Nichts.

Recalée par la checklist du VC

Quel que soit l’angle avec lequel je regarde ce produit mort-né, j’en arrive à la même conclusion.

Il ne passe quasiment aucun des tests qu’un apprenti VC ânonnerait :

La promesse est floue. Les gens voient bien que c’est pénible de traiter un questionnaire... mais n’imaginent pas forcément bien comment ça pourrait être vraiment significativement mieux.

La cible est diffuse, à faible panier moyen, et l’usage est peu fréquent et nice to have : combien d’équipes RH ai-je vues, devant les résultats de leur enquête annuelle GPTW, sous-traiter à des consultants Market Research... ou tout simplement, par manque de temps, renoncer à analyser les résultats, au-delà des comptages de niveau 1.

Le marché adjacent, l’industrie des questionnaires en ligne en self-service (SurveyMonkey, Typeform), est surpeuplé et en voie de désintégration par des alternatives semi-gratuites (MS Forms, Google Forms) ou gratuites (Framaforms).

On se dit que les acteurs leaders (SurveyMonkey) ou innovants (QuestionPro ? Typeform ?!) devraient avoir déjà fait ce produit et que s’ils ne l’ont pas fait (les rapports TF sont vraiment faiblards, ceux de SM lourdingues), c’est la preuve évidente qu’ils ne croient pas à la possibilité de le monétiser.

Et ce qui achève en 2026 ce produit, c’est que je l’ai codé en 3 jours et que n’importe quel utilisateur un peu dégourdi, après 1 jour d’utilisation (et/ou quelques millions de tokens cramés en computer use), pourrait le vibecoder à l’identique.

Aucun moat. Aucune barrière à l’entrée. Aucune stickiness.

Zéro.

Ça donne envie, non ?

Ce que j’en retiens

Cette situation un peu ubuesque où je développe accidentellement un truc super auquel même moi je ne crois pas m’a interpellé à plusieurs titres.

Tout d’abord, c’est un rappel éclatant qu’en septembre 2026 et pour de nombreuses années à venir, le jugement et le goût restent deux compétences humaines critiques et discriminantes. Dans un monde où le coût de fabriquer quelque chose tend vers pas beaucoup, voire vraiment peanuts, choisir quoi construire, et dans quelle visée, fera la différence. Je sais, ce constat ne me met pas beaucoup en valeur, mais bon, je n’ai pas fait exprès de construire ce truc.

Faisons l’hypothèse que vous aussi vous allez trouver ce produit vraiment top. Dans ce cas, se pose la question : comment ai-je réalisé cet exploit ? L’évidence à ne pas oublier, c’est que si la fabrication (le vibecoding éduqué avec des modèles remarquables) m’a pris trois jours, définir ce que j’ai construit a pris beaucoup plus longtemps. C’est le fruit d’une lente maturation, de succès et d’échecs, de trouvailles, d’idées bancales, d’essais et d’erreurs. Plus que jamais, c’est l’expérience cumulée, en l’occurrence la mienne, qui a rendu cela possible.

Et donc, mon âge canonique me souffle cette première question : que faudra-t-il pour que les entreprises mesurent la perte incommensurable que représente leur incapacité à retenir, voire engager, des Seniors ?

Mon pôle d’Advisor me force à me poser la seconde question. D’un point de vue stratégique, les Knowledge Workers, les Services Professionnels, et bien sûr les services Techs, doivent urgemment prendre la mesure de cette nouvelle donne. Si leurs produits et services ne contiennent que ce qu’ils exposent, ils se préparent des temps très difficiles. Et, en miroir, les Corporate doivent bien sûr (et c’est plus facile à dire qu’à faire) reconsidérer urgemment leurs portefeuilles SaaS/Progiciels et Services Pro. Il est des dépendances historiquement hors de prix qui se challengent au moins partiellement (en 3 lettres, commençant par un S et finissant par un P ?)

Plus léger tu meurs

Enfin, en ce qui me concerne, je suis depuis trop longtemps indépendant pour ne pas avoir fait mienne la maxime « Ce qui est gratuit n’a pas de valeur ».

Alors, si je ne vais pas lancer un nouveau produit SaaS, pour autant, cet objet existe, et le service qu’il rend à l’utilisateur concerné est incroyable.
C’est ce que je crois. Et bien sûr, les users seront d’accord. Ou pas.
Donc le plus simple, c’est de le mettre à disposition du plus grand nombre et de laisser ceux qui l’auront utilisé décider de la valeur du service rendu.
J’ai designé ses caractéristiques au plus près de la pureté de cette promesse :

L’utilisateur vient avec ses résultats bruts, les analyse en souplesse et en profondeur, les exporte, génère en un clic une synthèse top niveau et repart avec.
Ciao, bye bye.
Au moment de l’export, on vous propose de participer, du montant de votre choix. Ce n’est même pas du nudge : le téléchargement de vos résultats sera fini avant même que vous ayez réfléchi au montant.

Cette app s’appelle Survey9.

Survey9 en une minute

Surfing the Mediterranean

About 10 years ago, after more than 20 years in strategy consulting, I'd come to the conclusion that consulting was just too exhausting. B2B SaaS, on the other hand (selling subscription software online to companies so they can run well-defined processes with maximum efficiency), looked like a smart move.

Well. First letdown: it was much harder than I thought. You THINK you've identified a need, a "pain point." You THINK you've designed an elegant, powerful solution to it. At first, you THINK efficiency alone will win the day. Then you THINK that adding cutting-edge AI features (cutting-edge by 2019 standards...) will make customers swoon. Finally, watching everyone else, you THINK that by brute-forcing it with lead generation at scale, onboarding flows, feedback loops and marketing automation, you'll build yourself a nice little cushion of somewhat sticky recurring revenue.
How naive.

Second letdown: running a SaaS business out of France is like surfing the Mediterranean. Doable... but tough.
And your little US competitors get MUCH better waves. They also happen to be far better at selling than you are.

Since I'm a quick learner who needs things explained very slowly, it took me nearly 10 years to make my way back to the oh-so-much-more-restful business of consulting. Exclusive focus: AI-driven organizational transformation.

An Accidental App

But staying relevant in AI takes more than posting on LinkedIn. You have to build things, test the limits, experiment.

That's how I ended up building an app.
I wanted to test the new family of models (Jev, in this case) and wondered what to try it on...
Then I thought of my last SaaS product, Simple Decisions (shut down at the end of 2025): a semantic analysis console for open-ended feedback.
I could rebuild it, but pretty quickly I thought: if I'm going to code something anyway, let's build something broader. A tool that fully addresses the pain point and runs the ideal workflow I'd finally landed on. It goes like this:

You have the results of a survey. Whatever it's about (NPS, social research, employee listening, training feedback...), whoever it went to (customers, prospects, participants...).
You need to analyze the results. Fast. Without the headache. Open-ended questions, closed-ended questions, doesn't matter.
Obviously a thousand times better than the Typeform report. But, more importantly, with more control and granularity than you'd get from even the best Claude model, used well.

Well, I'm pleased to announce that in three days (OK, five), I built an absolutely insane web app. As far as I know, nothing on the market, anywhere in the world, matches its simplicity, speed and relevance. I'm dead serious.
And I know this market pretty well, having worked in it for nine years.

And by far the craziest part of this story is that, after careful thought, I've come to the conclusion that this SaaS app is worth absolutely nothing. Nada. Nichts.

Why It's Worth Nothing

However I look at this stillborn product, I end up in the same place.

It fails nearly every test a junior VC would rattle off:

The value proposition is fuzzy. People can see that dealing with survey results is a pain... but they don't necessarily have a clear picture of how it could get dramatically better.

The target market is fragmented, the average deal size is small, and usage is occasional, a nice-to-have rather than a must-have. I've lost count of the HR teams I've seen, faced with the results of their annual GPTW (Great Place to Work) survey, outsource the analysis to market research firms... or, short on time, never get past basic tallies.

The adjacent market, self-service online surveys (SurveyMonkey, Typeform), is overcrowded and falling apart under pressure from freemium or bundled alternatives (MS Forms, Google Forms) and free ones (Framaforms).

You'd think the market leaders (SurveyMonkey) or the innovators (QuestionPro? Typeform?!) would have built this product already. And if they haven't (Typeform's reports are really weak, SurveyMonkey's are clunky), surely that proves they don't think it can be monetized.

And the final nail in the coffin, in 2026, is that I coded it in three days, and any reasonably savvy user, after a day of using it (and/or a few million tokens burned on computer use), could vibe-code an identical copy.

No moat. No barrier to entry. No stickiness.

Zero.

Tempting, isn't it?

This somewhat absurd situation, where I accidentally built something great that even I don't believe in, got me thinking about a few things.

Judgment Is the Scarce Skill

First, it's a striking reminder that in September 2026, judgment and taste are still two critical, differentiating human skills, and will be for years to come. In a world where the cost of making something is heading toward next to nothing, if not actual peanuts, what will set you apart is choosing what to build, and why. I know, this observation doesn't exactly flatter me, but hey, I didn't build this thing on purpose.

Let's say you end up loving this product too. Then the question becomes: how did I pull this off? The obvious thing to remember is that while building it (educated vibe coding with remarkable models) took me three days, defining what I built took much longer. It took a long time to mature, through successes and failures, discoveries, half-baked ideas, trial and error. More than ever, accumulated experience (mine, in this case) is what made it possible.

And so my venerable age prompts a first question: what will it take for companies to grasp the incalculable cost of failing to retain, let alone hire, senior people?

The advisor in me can't help asking a second one. Strategically, knowledge workers, professional services firms and of course IT services firms urgently need to come to terms with this new reality. If there's nothing more to their products and services than what's on the surface, they're in for some very hard times. Large companies, of course, urgently need to reassess their SaaS/off-the-shelf software and professional-services portfolios, which is easier said than done. Some vendor dependencies that have always been outrageously expensive can now be called into question, at least in part (three letters, starts with S, ends with P?).

So I'm Giving It Away

Finally, as for me, I've been self-employed too long not to live by the maxim "If it's free, it's worthless."

So while I won't be launching a new SaaS product, this thing does exist, and the service it provides to the right user is incredible.
At least, I think so. And of course, users will agree. Or not.
So the simplest thing is to make it available to as many people as possible and let those who've used it decide what the service is worth.
I designed its features to keep that promise as pure as possible:

You show up with your raw results, analyze them flexibly and in depth, export them, generate a top-notch summary in one click, and leave with it.
Ciao, bye-bye.
When you export, you're invited to contribute whatever amount you like. It's not even a nudge: your download will be done before you've even thought about the amount.

The app is called Survey9.

Survey9 in one minute

publié d’abord sur LinkedIn →

first published on The Last Consultant →

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Quelque chose ici dont vous voulez parler ?Something in here you want to talk about?

La curiosité est une raison parfaitement valable.Curiosity is a perfectly good reason.

  1. via notre réseau communvia our network

    On a probablement une relation en commun. Il vous donnera mon numéro. Pas besoin d'un Teams, appelez moi. A l'ancienne.

    We probably have someone we both know. They'll give you my number. No Teams needed, just call me. Old school.

  2. sur LinkedInon LinkedIn

    Un message, avec le sujet en deux lignes. Je ne suis pas si overbooké que je ne puisse vous répondre rapidement.

    A message with the subject in two lines. I am not that busy that I cannot answer swiftly.

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  3. Call Premier ContactIntroductory call

    Un créneau de 30 min dans l'agenda. Comme au bon vieux temps du SaaS et des SDR.

    A 30 minutes slot in the calendar. Will remind me the good old days of SaaS and SDR

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